Présentation
générale
et détails techniques


Qui est Jacky Chevaux
Extrait du livre
Interview

Biographie
Aperçu de l'oeuvre

 
 
 
 
 
   
 
  QUI EST JACKY CHEVAUX ?
 
Jacky Chevaux par Louis Schittly (ext. du livre)
 
Écrivain, médecin co-fondateur de Médecin sans Frontières, Prix Nobel de la Paix, paysan et ami de Jacky CHEVAUX.

" La parole et l'écriture de Jacky, sa vie durant, ont été le dessin et la peinture. En grec, peintre se dit zoographos : écrivain de la vie. Il a peint sa vie, ses amours, ses haines et son angoisse. Il était charmé par la beauté du monde, les mille beautés de la nature, Création du Créateur et Créatrice des Créateurs. Tel n'était pas son vocabulaire, toute notion d'eschatologie, Jacky l'enveloppait dans le mot Lumière, il allait vers la lumière "Mehr Licht !" disait déjà Goethe.

Il a aimé le corps des belles femmes, les couchers de soleil, les martins-pêcheurs, les hérons dans les roselières, les rivières à l'ombre et les poissons, les cailloux du désert et les étoiles des nuits africaines. Souvent nous étions spectateurs muets, ébahis et attentifs, à l'écoute du silence de la nuit saharienne, buvant le thé sucré autour de quelques braises, rêvant au-delà des dunes blondes et lascives, d'une oasis de verdure et de sources fraîches.
Personne n'a dessiné ni peint de plus belles gouttes d'eau que lui. Personne non plus n'a haï autant que lui les hommes bornés, les grégaires, les rapaces. Ceux-ci, dans sa quête de lumière, faisaient ombres et laideur, nuits sans lune et cauchemars froids et dérangeaient l'onirisme joyeux de ses fantasmes érotiques.

En Afrique, Jacky se réconciliait avec la beauté du monde et des hommes. Il l'avait découverte à 18 ans lors du service militaire autour d'Agadir et du Ténéré. Lors de nos voyages africains, à chaque arrêt sur la piste dans les villages ou les oasis, il s'installait à terre contre un mur ou une roue de camion et croquait les palmiers, les ânes, les dromadaires, les passants et passantes, très vite entouré d'un essaim d'enfants. Toutes les dix minutes l'un d'eux sortait du groupe, regardait son image ; s'il se reconnaissait il courait vers sa maison et montrait son image aux parents ; d'autres parfois - furieux de ne pas se reconnaître - froissaient le croquis et le jetaient au loin…

Jacky a peint sa vie durant, chaque jour. Il savait tout faire. Aucune technique picturale ne lui était étrangère hormis le tachisme d'analpha-bètes contemporains, qu'il méprisait.
Quand il a pressenti le terme de sa trajectoire, il a entrepris une trilogie de lui-même : l'âme, l'esprit et le corps. L'âme : intimité grouillante de scarabées bleus que le vieux volet de bois rafistolé et splendide n'arrive pas complètement à contenir : n'essayons pas d'en savoir davantage. L'esprit : pied de nez de clown à la mort parée d'une plume de paon, tandis que le corps de l'artiste s'écoule dans le sablier. Alors qu'il esquissait et préparait le troisième volet, celui du corps, celui-ci nous a quitté (le jour de mon anniversaire).
Mais son image demeure en nous et nous accompagne chaque jour. "


 
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Interview par Dalia Messara
Service Culturel des Musées Municipaux
 
"Entretien avec Jacky Chevaux,
dessinateur, graveur, sculpteur et avant tout artiste au grand talent.

Dalia Messara : On n'entendait plus beaucoup parler de Chevaux ces derniers temps…
Jacky Chevaux : En général, je programme une exposition tous les deux ans, donc dans l'intervalle je travaille tranquillement dans mon atelier. Il est vrai que le dialogue avec l'artiste s'effectue essentiellement au moment de l'expo et après on tombe un peu dans l'oubli.

Quelle est la démarche de l'artiste par rapport aux courants actuels ?
J.C. Certaines personnes effectuent des recherches très intéressantes dans tous les domaines d'expression au niveau artistique. Il y a d'un côté une espèce d'intellectualisme d'avant-garde et d'un autre côté des créateurs un peu différents mais de grande valeur. En ce qui me concerne, j'essaye constamment d'évoluer. Au départ, on apprend les techniques, la base, le dessin classique voire académique. Puis il y a une certaine liberté
à acquérir et à chacun sa liberté. C'est ma démarche personnelle.

Vous avez un style personnel mais vous avez quand même été influencé ?
J.C. On est forcément influencé quand on est jeune et si j'étais aux Antilles, je ne peindrais pas de la même manière. Je suis plus proche de la peinture alémanique que des naïfs haïtiens. Et puis, on est surtout influencé par le climat, l'environnement, le quotidien : un caillou dans la rue, un jour gris et pluvieux, une scène de bistrot, tout est question d'éveil et tout est source d'inspiration. Un artiste complet se doit d'être en perpétuelle ouverture d'esprit. On crée tout le temps.

On vous colle quand même une étiquette surréaliste?
J.C.
Les gens ont besoin d'avoir des référents, ça les rassure. Je n'aime pas trop me classer dans telle ou telle catégorie. Si c'était le cas, alors je dirais plutôt réaliste-onirique.

Quel est votre message?
J.C.
Je parle de la vie en général sous forme de paraboles. Il faut découvrir derrière la première vision, le sens de mes toiles. Il y a beaucoup de spiritualité. Tout dépend des expériences vécues. J'essaye toujours de faire passer un message. S'il ne passe pas ce n'est pas important. L'essentiel c'est qu'il aura été dit.

Parlez-nous techniques, formats, couleurs…
J.C.
Je pense qu'il faut savoir maîtriser toutes les techniques : dessin, craie, acrylique, etc. On se sent mieux dans certaines. J'utilise également tous les formats. Cela dépend des supports. J'aime aussi travailler sur du bois - je l'adore sous toutes ses formes- qu'avec du carton, de la toile ou même sur le papier. Quant aux couleurs, c'est assez divers et varié. Tout dépend de ce que j'ai envie de dire. Les couleurs conditionnent l'émotion.

Pourquoi un peintre de votre renommée est-il resté à Mulhouse ?
J.C
. Si vous faites allusion au milieu parisien, je n'ai jamais voulu en faire partie. Ce n'est pas de tout repos. Il faut être partout tout le temps et vous n'avez plus le temps de peindre. J'aime la quiétude et en fait, je suis un vieux loup solitaire.

Vous êtes également membre d'une association humanitaire, TAO. C'est important pour vous ?
J.C.
Oui. On travaille tous les deux ans avec le Mali. On organise des échanges, des jumelages. C'est une activité véritablement humaine. J'ai illustré un livre de Louis Schittly qui s'intitulait " De l'Ill au Niger " dont les bénéfices des ventes sont allés à l'association. Les artistes sont souvent sollicités pour des actions humanitaires.

Et actuellement ?
J.C.
Je travaille sur un triptyque dont le premier volet s'intitule "L'âme". Le deuxième c'est "L'esprit", illustré par une vanité - en réalité une tête de mort à laquelle j'ai rajouté un nez de clown - sorte d'autoportrait. Histoire de ne pas se prendre trop au sérieux. Le troisième, ce sera "Le corps".
J'espère d'ailleurs exposer d'ici la fin de l'année ou début 1996. Le lieu reste encore à définir."


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